L’Histoire de Notre Eglise

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UN PEU D’HISTOIRE
L’ancienne église de Pontlieue avant la révolution de 1789, remontait à l’époque romane. Située un peu en arrière de l’église actuelle, elle était très petite, en forme de croix latine.
Dès le 30 septembre 1786, le vicaire général Paillé procédant à la visite de lu paroisse, constatait que les voûtes du choeur, le clocher, la toiture étaient dans le plus mauvais état et avaient besoin de réparations urgentes, que les petits autels étaient si misérables que l’on ne pouvait plus y célébrer la messe.
En conséquence, l’évêque, Mgr. de Jouffroy-Gonssans faisait savoir aux habitants
de Pontlieue, par un avis lu au prône que, si dans l’année qui suivrait la dernière
publication de l’avis ils n’avaient pas commencé les réparations, leur église serait interdite.
L’avertissement provoqua une réunion des principaux habitants. L’assemblée reconnut
l’urgence des réparations, mais à peine eut-on le temps, avant la Révolution, de restaurer les autels et le mobilier.
En dépit de son état lamentable, les habitants de Pontlieue tenaient à leur vieille
église, et ils y continuèrent d’y venir prier de temps à autre. Comme dans toutes les paroisses de la Sarthe, l’émotion fut donc vive à Pontlieue lorsque la loi du 28 ventôse an IV vint prescrire la mise en vente des églises. Toutefois, les esprits ne tardèrent pas à se rassurer, grâce à la généreuse intervention d’une famille d’industriels dont le nom restera intimement lié pendant près d’un siècle à l’histoire de Pontlieue, la famille Vétillart-Bérard.
Le 7 vendémiaire An V (28 septembre 1796), M. Bérard achetait l’église de Pontlieue et il la prêtait sans intérêts aux habitants pour l’exercice du culte.
En 1807, M. Bérard se décidant à rendre l’église à la commune, signa, le 1° décembre 1807, une promesse de donation sous la condition «que la dite église demeurerait perpétuellement consacrée au service du culte catholique, apostolique et romain».
Au fil des ans, la population de Pontlieue s’accroissant et l’église se délabrant de
plus en plus, le conseil municipal et le conseil de fabrique reconnurent à l’unanimité qu’il serait plus sage et plus avantageux de démolir l’ancienne église et d’en bâtir une nouvelle.
En conséquence, un devis fut dressé d’après le plan fait par l’architecte du département.

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L’exécution en fut confiée à Mme Bérard. C’est au commencement de 1827 que les plans furent confiés à M. Delarue, architecte du département. Mme Bérard dut se battre pour trouver les fonds nécessaires à sa réalisation qui dura de nombreuses années. Elle ne vit pas le résultat de ses efforts puisqu’elle mourut le 22 janvier I835 à l’âge de 64 ans. Sa mort laissa la commune et la fabrique de Pontlieue dans une situation fort délicate. Les travaux étaient interrompus depuis cinq ans, les ressources disponibles absorbées, l’édifice bien loin d’être achevé.
C’est en 1841 que les travaux purent reprendre à la suite d’un don fait pus l’abbé
Rottier de Monté, trés généreux bienfaiteur des paroisses du Bélinois,
Le 19 mars 1842, l’office public y fut célébré pour la première fois et on abandonna
définitivement la vieille église qui fut démolie quelques mois plus tard. C’est finalement le 2 septembre 1845 que fut consacrée solennellement la nouvelle église sous le vocable de Saint Martin.
En 1850, la fabrique y placera un autel de la Vierge, et en 1855 une chaire.
En 1890, l’intérieur sera restauré et remis à neuf; on placera dans 1a nef six verrières nouvelles .
En janvier 1910, un orgue est installé dans la tribune du fond de la nef et en février l’orgue et les tribunes sont enfin aménagés définitivement.

NOTRE EGLISE AUJOURD’HUI

En 1916, l’évêque de Mans, Monseigneur Raymond de la Porte se préoccupe de l’agrandissement de l’église, préoccupation reprise en 1918 par Monseigneur Grente :«L ’église actuelle construite au siècle dernier pour 2 000 habitants ne peut pas suffire à la vie paroissiale d’une population qui dépasse 10 000 âmes. Il faut donc penser à l’agrandir. Entreprise hardie, inopportune, tant les charges sont lourdes à l’heure présente, diront quelques-uns. Entreprise salutaire, noble dans sa conception et merveilleuse dans ses résultats, répondent les 2 000 souscripteurs qui, depuis les fêtes inoubliables célébrées dans la modeste église dédiée à Saint Martin à l ’occasion du 16° centenaire de sa naissance, nous ont envoyé leurs offrandes accompagnées des plus agréables encouragements ».
En avril 1931, l’Abbé Foliot, curé d’alors, annonce le début prochain des travaux:
«Remplacer les murs actuels du choeur par huit colonnes exactement pareilles à celles de la nef et ouvrir ainsi neuf arcades d’égales dimensions; continuer tout autour du chœur les luis-côtés des deux nefs latérales; enfin bâtir une sacristie le long du bas—côté de gauche sur la rue du Repos. »
C’est le 20 décembre 1931 que furent bénites les nouvelles constructions.

 

 

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UNE ÉGLISE A DÉCOUVRIR

L’archilue5ra99tecte Chalgrin (mort en 1811) lance ce type d’église à Saint-Philippe du Roule à Paris. Il sera repris par Etienne Godde (mort en 1869). Celui«ci gardera la haute main sur les églises de Paris où il en construira un bon nombre en ce style néo-classique imité à Saint-Martin par Delarue. Ce type d’église reprend le schéma des basiliques romaines : rectangle à deux colonnades. Dans la Sarthe va s’imposer le néo-gothique ( ce style paraissant plus chrétien que celui de la basilique gréco-romaine) grâce à la réussite de l’église Saint—Martin d’Ecommoy bâtie après 1840.

 

 

 

LE FRONTON

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Deo Optimo Maxime.

A Dieu, le meilleur, le plus grand.
Il s’agit d’un dédicace à Jupiter le père de tous les dieux ; elle fut christianisée dès les premiers siècles. Elle est restée en usage sur les bulletins d’honneur au collège Saint-Paul de Mamers jusqu’en 1930.

TRIANGLE TRINITAIRE

Symbole ignoré au Moyen—âge, très courant depuis le XVIIème siècle. Le triangle doit être équilatéral. Il a trois angles et trois côtés égaux. Dieu est UN cn trois personnes égales. Les nuages, c’est la nuée symbole d’un Dieu invisible. Dans le triangle on lit souvent les lettres hébraïques : YAWEH, nom de Dieu.

L’AUTEL MAJEUR

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LES AUTELS LATÉRAUX

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Autel de la Vierge 1850 Statues: Saint Expédit, Saint Béraire Evêque du Mans (658-673) inhumé dans l’église.

LA CUVE BAPTISMALE

don de M. et Mme Anatole Janvier 8 mai 1898

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« Nous tous qui avons été baptisés en Jésus Christ, c ’est dans sa mort que nous avons été baptisés… Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c ’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts… Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. De même vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché et vivants pour Dieu en Jésus Christ. » (Saint Paul aux Romains 6, 3…11)

UN RETABLE DU DEBUT DU XVI° SIECLE

Ce petit retable, de style Renaissance est un ouvrage en chêne sculpté. Large de 1,75m, haut de 1,55m, avec un relief de 0,165 m. Il se compose essentiellement d’un décor de corniches et pilastres, corniche encadrant un tableau de la Résurrection du Christ.
Le Christ est au centre de la partie supérieure ; il tient de sa main gauche, l’étendard du salut : une croix avec banderole flottante rouge-rose ; la main droite est levée pour un geste de bénédiction. Un ample voile-manteau de couleur rouge jeté sur l’épaule droite flotte et revient couvrir par la gauche le bas du corps et les jambes, seuls les pieds dépassent.
Dans le bas du tableau : le tombeau d’où sort le Christ, encadré de chaque côté par deux gardes terrassés par la frayeur; ceux du côté gauche portent casque a plumet et hallebarde. A droite, en côté du tombeau, un ange en vêtement rose, de son bras gauche levé, montre le Christ. Autour du Christ un halo de nuages divise la composition en forme de V, les deux extrémités des branches rejoignant les deux coins supérieurs du tableau.

lue5rab0«Et voici qu ‘il se fit un grand tremblement de terre: L’Ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait I ‘aspect de l’éclair et son vêtement était blanc comme neige. Dans la crainte qu ‘ils en eurent, les gardes furent bouleversés ci devinrent comme morts. Maisl ‘ange prit la parole et dit aux femmes: «Soyez sans crainte, vous. Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié; Il n ’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit.» (Évangile de Saint Mathieu 28, 2—6)

MONUMENT A LA MÉMOIRE DES ANCIENS COMBATTANTS

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LES VITRAUX

Lors de la restauration complète de l’intérieur de l’église, la générosité de divers donateurs a permis la mise en place dans la nef de six nouvelles verrières. Confectionnées par l’atelier du Carme] du Mans, alors dirigé par Fernand Hucher, les sujets retenus figurent parmi les plus répandus au XIX siècle :

lue5ra9iBaie n° 1
Le Christ remettant les clefs à Saint Pierre
don de l’Abbé G. Devaux, curé de cette paroisse, 1888.

«Et moi, je te le déclare: Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; et la puissance de la Mort ne l ’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux .' tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que lu auras délie' sur la terre sera délié dans les cieux. »(Evangile selon saint Matthieu 16,18-1
lue5rab4Baie n°2
La Sainte Famille dans l’atelier
don de Malles Pauline et Olymphe Briffault, 1891.

« Il descendit avec eux pour rentrer à
Nazareth, et il leur était soumis. Sa‘ mère gardait dans son cœur tous ces évènements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes ».

(Évangile selon saint Luc 2. 51-52)



lue5ra9kBaie n° 5
Baptême du Christ par Saint Jean Baptiste

don de MMme Anatole Janvier, 22 avril 1894.


« A cette époque, Jésus vient de Nazareth, ville de Galilée et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l ’eau, Jésus vil le ciel se déchirer et l 'Esprit descendre sur lui comme une colombe ,' du ciel, une voix se fait entendre .' « C ’est toi mon Fils bien-aimé, en toi, j ’ai mis tout mon amour. »

(Évangile selon saint Marc 1, 9-11)


 
lue5rab6Baie n° 6
Saint Julien, l'Evêque du Mans, faisant jaillir la source

Malheureusement deux verrières (baie 3 et baie 4) dont celle qui devait honorer la mémoire de Marcel Vétillart «Bienfaiteur de cette église et dernier maire de Pontlieue» ont disparu.

LA VERRIERE AXIALE

« Cette verrière a été exécutée en I845 par la manufacture du Mans d’après le carton de Chatel du Mans. Restaurée en octobre I931 par Echivard, ». (inscription au bas de la verrière)

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Cette verrière illustre le thème de la charité du saint Patron de l’église : Saint Martin. La représentation habituelle en soldat, à cheval et partageant son manteau avec un pauvre fut écartée, en raison de l’emplacement de la baie dans l’église (au-dessus de l’autel), au profit d’une autre scène : la messe de Saint Martin. Saint Martin, tête nue surmontée de la flamme miraculeuse, les bras demi – nus, célèbre la messe devant l’autel sur lequel est disposé un ciboire à moitié recouvert. Saint Martin est représenté comme au XIII° siècle portant le pallium (bande de laine blanche marquée de six croix, portée sur l’ornement liturgique et remise aux archevêques par le pape en signe de leur fonction).
Le pauvre apparaît vêtu de la tunique que vient de lui remettre Saint Martin.
Un ange apporte à Saint Martin une tunique. Derrière le saint, un diacre élève la patène sur laquelle on distingue une croix.
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STATUES DANS LA NEF DE L’EGLISE


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L’éducation de la Vierge par Sainte Anne (19ème siècle)
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Saint Jean Baptiste(19ème siècle)
« Jean, fils de Zacharie vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés... » (Évangile de St. Luc 3, 2-3)
lue5ra9rSainte Madeleine Attribuée à Noël Mérillon (17eme siècle) Statue en terre cuite Sainte du pur Amour après sa conversion.
« Il lui sera beaucoup pardonné parce qu ’elle a beaucoup aimé » (Évangile de St. Luc 7, 47)
lue5ra9sSaint Michel, archange.

Michel, dont 1e nom signifie en Hébreu «qui est comme Dieu » nous apparaît comme le vainqueur du démon. L’Eglise a fait de lui son protecteur, et son culte est très ancien en Orient. Diverses apparitions ont contribué à sa popularité; l’une d’elle est à l’origine du sanctuaire du Mont- Saint-Michel, l’un des lieux les plus célèbres de pèlerinage.

Brève histoire de saint Martin (316-397)

Fils d’un tribun de l’armée romaine, né en Pannonie (actuelle Hongrie,) il est en garnison à Amiens lorsqu’il se convertit au christianisme; selon la tradition, cette conversion est venue après qu’un jour d’hiver, il ait partagé son manteau avec un mendiant et que le Christ lui soit apparu portant cette moitié de son vêtement. Baptisé, il vient à Poitiers, attiré par la personnalité de l’évêque saint Hilaire, un des grands évangélisateurs de la Gaule. Un peu plus tard, ils fondent ensemble le monastère de Ligugé (Vienne) ; Martin en fait un foyer actif d’évangélisation. Élu évêque de Tours en 371, il continue à vivre en moine, faisant du monastère de Marmoutier qu’il a fondé non loin de Tours, son point d’attache et une pépinière de missionnaires. Avec ces derniers, il christianise l’Ouest de la Gaule, encore massivement païenne, y multipliant les monastères ; il crée un premier réseau de paroisses rurales. Son rayonnement ne touche pas que les milieux paysans; il convertit nombre de grands personnages. Après sa mort, à Candes, (Indre-et-Loire) son tombeau à Tours attirera les foules. Martin sera le premier à être vénéré comme saint sans avoir connu le martyre. Son immense popularité se traduit par la multiplication en France des localités, lieux—dits, édifices religieux portant son nom (485 communes, 3 667 paroisses).

lue5rabe    écrit par Jean-Pierre Maillet, curé de la paroisse Saint Martin de Pontlieue de 1994 à 2010